Le midi, en suivant au hasard un groupe italo-américain, on aura la bonne surprise de manger sur la terrasse de l’Antica Locanda Montin.
Le site web du restaurant nous dit que Modigliani y est passé au début du siècle puis Ezra Pound, Carena, Cadorin, Guidi, Saetti, Lucchesi, De Luigi, Uto Ughi, Luigi Nono, puis encore Monti, Padoan, De Niro et David Bowie sont passés. Pas mal de noms me sont inconnus et les nôtres ne seront pas ajoutés à la liste.
Comme à Macao, je photographie les traces religieuses que l’on trouve dans les rues. Ici, une simple église se trouve être une salle d’exposition des plus grands peintres. Il ne faut pas hésiter à entrer partout, on est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
L’activité sur les canaux est assez intense. Les Vaporetto (Vaporetti ?) se croisent et s’évitent au dernier moment. Le sens de circulation et la priorité ne sont pas très clairs.
On est tantôt en ville, tantôt en mer. Passant d’une sensation de fluidité à une sensation plus rugueuse. La résistance de l’eau étant différente en fonction des courants, des vagues et de la puissance utilisée du moteur.
Les déplacements sur l’eau sont comme des temps à part, comme le sentiment d’un départ de voyage qui vous ramènerait toujours au même endroit. On tourne en rond en zig-zag.
Il y a toutes sortes de catégories avec les bateaux. Déjà ceux qui ont leur bateau et ceux qui prennent les transports en commun, puis les touristes et les habitués avec certainement pleins de sous-catégories. Parfois, avec un regard, une position du corps, une vibration ont sens les gens appartenir à l’une ou l’autre de ces catégories. On fait de la sociologie de cuisine de bateau…
Très vite nous prenons un vaporetto pour prendre du recul, changer de quartier et continuer d’essayer de ne pas trop être dans le courant des autres touristes.
On discute rapidement photo avec un des équipiers de notre embarcation qui nous montre ses images (très réussies) de la ville sur son smartphone.
Les touristes seraient un sujet facile à faire ici. Mais alors, je ne verrais rien de la ville… Je me laisse donc flotter sans véritable ligne directrice.
Et je profite de ce plaisir de l’eau, de ce monde instable, du vent, de l’odeur du sel et de la vue sur la ville dont la skyline semble n’être qu’une ligne droite horizontale.
Rapidement on atteint la place Saint Marc pour prendre un deuxième café au Caffè Florian pendant qu’il n’y a pas encore trop de monde.