Il y avait, chez les uns et les autres, un dépouillement propre à la pauvreté qui finalement nous obligeait à sortir de chez nous. Cela nous empêchait de nous charger du matériel et faisait que le plus important était de nous retrouver régulièrement pour discuter, faire des photos ou aller boire une bière.
Nous sommes au début des années 90, et, très étrangement, j’avais la conscience d’une unité de cette époque. Peut-être parce que j’avais été à Berlin avant, et que cette ville alors hors du temps, facilitait ce sentiment d’unicité et de cohérence.
J’ai mis plus d’une semaine avant de pouvoir faire des photos dans les rues de New York. La ville était trop forte pour moi. Il me fallait un événement me permettant d’entrer en elle.
En attendant, je faisais des photographie « comme Wolfgang » en faisait chez lui à Berlin. L’appartement très dépouillé, se prêtait bien à ce genre d’exercice.
Mon co-locataire dealer dont je me méfiait à juste titre avait quand même la capacité de créer des atmosphère intéressantes. Ses lunettes notamment qu’il laissait trainer me fascinaient.