Finalement toutes les sorties d’aéroports se ressembles. Des autoroutes suspendues, des zones vides qui vous donnent mauvaise conscience d’avoir pris l’avion. Une modernité déjà usée.
La conduite à gauche surprend un peu. La voiture me semble plus large que la route et je trouve que le cousin de W va trop vite…
L’effort pour remonter la côte fait, malgré tout un peu oublier les discours stériles de la religion.
Chacun reprend la discussion interrompue sur la plage. Seules les grenouilles de bénitiés sont encore absorbées par leurs pensées capiteuses.
Cette fois, c’est carnaval. Un feu d’artifice est prévu et demain les forins viendront aussi saluer les statuettes.
Il faut bien une fête pour dissiper les pensées religieuses et retrouver les joies de vivre ici et maintenant.
Arrivé dans le port, au pied du village, le floklore religieux reprend un peu le dessus.
Un curé va bénir la statue et les bâteaux. C’est là que la faille entre la religion et le reste du monde se fait sentir.
Ce besoin de spiritualité carricaturé par les mots vides, les litanies creuses et les obligations stérilisantes.
Ce besoin fondamentale humain de quête de sens est parasité par une caste oiseuse et oisive.
Les petites statues, comme des poupées d’enfants se promènent dans le village.
Les visages s’éclairent et s’assombrissent au grés des mouvements des bougies.
Le murmure des pas sur les petits pavés accompagne la musique des voix.
C’est un peu comme un carnaval sans déguisement sinon ceux de la vie quotidienne. Les costumes ne sont pas des travestissement, juste une tentative de fixer l’ordre des choses dans le chaos du monde.
Toutes les générations se mélanges. Je me demande toujours quelle est le degré d’adhésion à la religion, mais je crois que ce n’est pas tout à fait la question.
Il s’agit plus de s’inscrire dans une histoire plus grande que la sienne. D’appartenir à un groupe humain et à ses rituels et croyances pour conjurer la mort et donner un semblant de sens à la vie.
Encore ce lien à l’enfance. À la peur de la mort que l’on découvre une de ces nuits autour de 5 ans. Ce pourquoi dont personne n’apportera de réponse et avec lequel il faudra désormais vivre.
Seuls l’acceptation de l’écoulement du temps, du retour des saisons, des amitiés et des peines apportent le sentiment de vivre.