Arrivé dans le port, au pied du village, le floklore religieux reprend un peu le dessus.

Un curé va bénir la statue et les bâteaux. C’est là que la faille entre la religion et le reste du monde se fait sentir.

Ce besoin de spiritualité carricaturé par les mots vides, les litanies creuses et les obligations stérilisantes.

Ce besoin fondamentale humain de quête de sens est parasité par une caste oiseuse et oisive.

Les petites statues, comme des poupées d’enfants se promènent dans le village.

Les visages s’éclairent et s’assombrissent au grés des mouvements des bougies.

Le murmure des pas sur les petits pavés accompagne la musique des voix.

C’est un peu comme un carnaval sans déguisement sinon ceux de la vie quotidienne. Les costumes ne sont pas des travestissement, juste une tentative de fixer l’ordre des choses dans le chaos du monde.

Toutes les générations se mélanges. Je me demande toujours quelle est le degré d’adhésion à la religion, mais je crois que ce n’est pas tout à fait la question.

Il s’agit plus de s’inscrire dans une histoire plus grande que la sienne. D’appartenir à un groupe humain et à ses rituels et croyances pour conjurer la mort et donner un semblant de sens à la vie.

Encore ce lien à l’enfance. À la peur de la mort que l’on découvre une de ces nuits autour de 5 ans. Ce pourquoi dont personne n’apportera de réponse et avec lequel il faudra désormais vivre.

Seuls l’acceptation de l’écoulement du temps, du retour des saisons, des amitiés et des peines apportent le sentiment de vivre.

Plus de 7.000 personnes sont généralement présentent.

Les bâteaux ont été préparé et décoré.

Le village n’est presque plus éclairé que par les bougies et les girlandes lumineuses.

Les bénévoles s’activent pour préparer la fête. Ils répondent à nos questions avec moult détails, heureux de partager leur passion avec notre curiosité.

Ce soir les statues sortiront en procession, notamment celle de Notre Dame de Bon Voyage que les marins emporteront en mer pour quelques heures.