Agnès est venue nous rejoindre quelques jours plus tard. Nous passions nous journées ensemble dans la ville, si bien que je n’ai plus tellement de souvenir en commun avec ma tante et mon oncle.

Je n’ai pas retrouvé la trace de Steven ni de Jason. J’ai pu revoir mon voisin du dessus du East Village East, 11th Street, Avenue B et le relançais pour qu’il vienne un de ces jours à Paris.

Une famille habitait sur une espèce d’embarcation avec des roues à aubes qui semblait sombrer doucement. Tous les matins et tous les soirs, toute la famille gagnait la rive ou regagnait l’embarcation sur une barque. Le père ramait, les enfants avaient des gilets de sauvetage, la mère ne bougeait pas.

Le lendemain, après la régularisation, nous allons chez le peintre qui met à notre disposition son téléphone pour permettre à ma tante et mon oncle de voir comment réparer le bateau

Ma tante me traduit qu’il a construit, il y a quelque temps, un petit bateau dans son atelier. Qu’il a fallu faire appel à des déménageurs de piano pour le faire sortir par la fenêtre. Ensuite, il nous montre une vidéo où on le voit remonter les rues de New York en tirant son bateau. La vidéo est mauvaise et m’ennuie, mais ma tante fronce les sourcils pour me faire comprendre que nous ne devons pas vexer notre hôte.

Le lendemain, nous nous rendons donc au bureau de l’immigration. En chemin, je passe devant une agence de voyage et en profite pour prendre un billet d’avion pour mon retour en France.

Chacun passe l’un après l’autre devant l’officiel qui valide les passeports puisque tout le monde à un visa.

Pas moi.

L’officier est désagréablement surpris de ma situation. Je lui explique que c’est parce que je en savais pas vraiment à quelle date j’allais arriver et repartir de New York. Que j’avais pris des renseignements à l’Ambassade des États-Unis à Paris et que l’on m’avait dit que, si j’avais un billet d’avion pour mon retour, ça suffisait pour prouver que de bonne fois, je ne souhaitais pas séjourner illégalement aux États-Unis et que je repartirai bien à la date indiquée sur le billet.

L’officier fit une pause. il reprit tout mon récit,me demanda si c’était vrai. je dis oui. Il pris mon passeport, le tamponna, me tendit la main pour me la serrer et me dit « Welcom in America ! »

Mon oncle appelle un ami peintre texan qui expose au Gugguenheim.

Les retrouvailles sont très chaleureuses mais quand le peintre s’enquière de notre situation administrative et que nous lui disons que personne des autorités n’est venu nous voir, il est pris de panique, disant qu’il est dans une situation illégale ! Mon oncle le rassure en lui disant qu’il a fait tout ce qu’il fallait, que l’on est de bonne fois et que l’on ira demain régulariser la situation nous même en allant au bureau de l’immigration.

Rassuré, il reprend une bière.