Je suis Gérard dans la visite des appartements-musées d’écrivains ou autres artistes et scientifiques éparpillés dans la ville.
Je ne sais que penser précisément de ces appartements-musées. D’une part, c’est une valorisation de la culture qui me séduit volontiers, d’autres part, la société russe semble figée dans un XIX° siècle idéalisé.
Dès qu’on sort des églises sombres remplies de vieilles personnes, on retrouve la lumière propre aux villes de bord de mer avec des jeunes femmes biens habillées.
Contrairement aux hommes mal fagotés qui se détachent rarement dans la foule.
Étrangement, on a la sensation que la vie est du côté des femmes. Comme si l’injonction à la beauté que les sociétés masculines leur demandaient ne profitait désormais plus qu’à elles-mêmes.
Le gros problème de l’alcoolisme des hommes russes me revient. Se réveillant sans le Petit Père des Peuples après la chute de l’URSS, comme d’une cuite de l’Histoire, ils sont désormais perdus.
Se dessine alors une série d’oppositions : les hommes ternes et renfermés face aux femmes luisantes et décidées , les églises sombres et remplies de vieux statiques contre la rue lumineuse où marchent des jeunes, la flamboyante architecture de la ville et l’organisation mafieuse et fascisante de la politique de la Russie.
Nous allons dans la cathédrale de Notre-Dame de Kazan pour voir les préparatifs de la Pâque orthodoxe.
La ferveur des croyants se manifeste de manière plus forte qu’en France.
Ils font la queue pour embrasser une icône. Une vieille dame en noire passe un chiffon de temps en temps. Par hygiène ou pour faire briller les dorures du cadre ?