Une fois que chacun a terminé avec ses propres affaires, ils se tournent vers les autres pour s’entraider.

Remettre de l’ordre, ensemble, dans l’enchevêtrement du monde.

Ces hommes ne laisseront rien d’autre que la satisfaction d’avoir nourris leurs semblables, d’avoir pris soin de leurs proches.

Pas de monument, pas de statue, pas de compte bancaire dans un paradis fiscale, pas de fusée dans l’espace… Juste la mémoire des autres le temps nécessaire à l’oublie.

Sur le port, les marins rangent les lignes de la pêche de la nuit. Presque sans parole, chacun refaisant les gestes de la veille.

Parfois, il faut rapiécer un filet. Économie de gestes, économie de paroles, on échange avec le regard.

Demain sera comme aujourd’hui comme hier. Seule la marée et la météo décaleront le rythme du travail.

Reste qu’Ericiera est un village inspirant. Les maisons sont basses et lumineuses, la mer s’ouvre vers le Nouveau Monde et dilate l’âme. C’est effectivement là qu’on aimerait se poser à condition d’être en paix avec soi-même.

 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! /
Suspendez votre cours : / Laissez-nous savourer les rapides délices / Des plus beaux de nos jours ! “

(…)  » Mais je demande en vain quelques moments encore, / Le temps m’échappe et fuit ; / Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore / Va dissiper la nuit.”

 » Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive, : / Hâtons-nous, jouissons ! / L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; / Il coule, et nous passons ! «